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mercredi 2 octobre 2019

Sur l’absence sans désir

J’écris ton nom
etc :  ..et puis je vais quand même coller ça dessous la vidéo.
Je ne vais pas non plus lancer un grand débat de savoir si nous avons besoin de la liberté ou pas.
Je m'en fous, je l'ai toujours prise quand je voulais et souvent aussi ça n'était pas bien facile à assumer avec l'ego. (L'ego c'est bien ta voix mais elle te parle calme comme jamais tu t'es entendu parler et lorsque tu arrives à la chopper (Elle est planquée avec les sens/besoins/douleurs/...) explique-lui bien que tu auras toujours besoin de plus de liberté, il en conviendra et t'aidera au mieux pour rejoindre le temps présent.)
La liberté c'est une habitude dès bébé, comme mettre son pouce dans la bouche pour s'endormir.
Cette "liberté" vous ne l'avez pas perdu puisque vous ne l'avez jamais eu si vous n'avez pas pris l'habitude de vous en servir au quotidien avec maman/papa, copains/copines, collègues, ..les autres et en toutes circonstances.
Cause toujours je vais faire ce que maintenant je dois faire, non rien n'est négociable.

    Le monsieur là en dessous il cause comme un grand avec parfois de bons mots mais son vocabulaire du vieux monde n'est pas très riche, fleuri, ou il doit se sentir observer par sa caste et il balise.
Fallait pas entrer dans la carrière mon gars et c'est pas aujourd'hui que tu t'en rends compte que le temps écoulé va te rattraper, dans ta prochaine vie peut-être et seulement si tu as compris quelque chose à cette vie là, passée, perdue.


François Sureau : "La liberté a déjà disparu":
https://www.youtube.com/watch?v=aTWsBoK_IMQ


Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J’écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J’écris ton nom

Sur tous mes chiffons d’azur
Sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J’écris ton nom

Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton nom

Sur chaque bouffée d’aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J’écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade
J’écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J’écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom

Sur la lampe qui s’allume
Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes maisons réunies
J’écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J’écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J’écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J’écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J’écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom

Sur l’absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté.
Paul Eluard
Poésie et vérité 1942 (recueil clandestin)
Au rendez-vous allemand (1945, Les Editions de Minuit)
Liberté - Eluard